lundi 19 novembre 2012

Alésia : un mystère non élucidé

Vendredi dernier, lors de la réunion mensuelle de l’atelier « Histoire et Archéologie en Pays Viganais » Pierre Valette, son responsable avait invité Jean-Pierre Picot, historien et cinéaste, défenseur du site jurassien d’Alésia, et Jean-Pierre Renaud, membre de l’atelier et docteur en Histoire ancienne, vice-président de la FAHG, afin d’essayer d’élucider un mystère qui plane encore sur le site de la bataille qui opposa les légions de César aux troupes gauloises de Vercingétorix.

Le Suménois Jean-Pierre Renaud a récemment passé une journée sur le site d’Alise-Sainte-Reine et visité le Muséo Parc qui vient d’être construit et inauguré.

La soirée débuta avec la présentation d’une séquence d’un film en préparation de Jean-Pierre Picot sur l’Alésia jurassien, rappelant les origines et les travaux réalisés sur le sujet par l’archéologue André Berthier, correspondant de l’Institut et découvreur du site.

On sait que le montpelliérain Jean-Pierre Picot, méconnu des médias, est l’inventeur des armes trouvées sur le site et des traces de défenses romaines ainsi que d’un important sanctuaire religieux, très contesté par le responsable de l’atelier Histoire et Archéologie  du Bourilhou, au cours de la discussion, qui suivit la présentation des deux sites.

Il avait cet été visité le site avec son ami Jean-Pierre Renaud.

Ce dernier présenta le site bourguignon, à l’aide documents visuels montrant les travaux de contrevallation et de circonvallation réalisés par les troupes romaines autour du site de l’oppidum, des preuves indéniables de travaux de siège.

Il nous fit découvrir en une cinquantaine de photos, l’intérieur du musée - une construction à notre avis pas très esthétique et trop futuriste - et la reconstitution des lignes de défenses romaines entre lesquelles étaient dressés les camps romains.

Des vitrines présentent des armes et des fac-similés d’objets. On y voit aussi le vase d’argent découvert en 1862 de l’époque de Néron (donc d’une période beaucoup plus tardive) trouvé dans un fossé de circonvallation avec d’autres armes. Sa présence est inexplicable dans un fossé militaire, qui trahit le faux de sa provenance et émet des doutes sur leur présence, comme les armes qui auraient été trouvées intactes au même endroit et « encore empaquetées lors des fouilles »…

L’historien cévenol  fit allusion aux fouilles plus récentes des années 90 qui apportent des preuves beaucoup moins discutables sur la période du siège, en 52 avant J-C.

En conclusion, il est bien difficile de se faire une idée. Il y a, selon moi, des éléments positifs et négatifs dans les deux sites présumés de la bataille. Jules César est la source principale avec ses commentaires ; c’est en cela que le mystère demeure : le site jurassien est davantage en concordance avec les données du texte césarien mais aucune preuve archéologique n’a été encore mise au jour officiellement et, à l’inverse, le site d’Alise, qui possède les vestiges archéologiques du siège, présente de nombreuses discordances avec l’écrit de César.

Des sondages ou fouilles devraient être autorisées dans la région de Syam et Chaux-des-Crotenay. C’est peut-être dans ce sens qu’un jour on trouvera  la clé d’une bataille, qui aurait bien pu tourner à l’avantage des Gaulois et changer le cours de l’Histoire de France.

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Quelques échos sur Alésia

Aux défenseurs du site jurassien. Parmi les personnes présentes à la rencontre de vendredi soir se trouvait Philippe Ferré, un jurassien d’origine, habitant Pont Saint-Esprit, fervent défenseur du site du haut Jura. Il souhaite créer une antenne des partisans de ce dernier, en faisant venir des adhérents du Vaucluse, de l’Ardèche, de  la Drôme et bien sûr de notre département.

Une rencontre pourrait avoir lieu prochainement, avec la présence de François Chambon, le spécialiste lyonnais du LIDAR. Voici ses coordonnées : philippe.ferre39@gmail.com

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Vercingétorix au Bourilhou :

Dans le cadre des 25e Journées de l’Antiquité au Vigan, le Club Histoire et Archéologie en Pays Viganais, membre de la FAHG, recevra le samedi 13 avril Danielle Porte, ex-professeur à la Sorbonne, latiniste réputée et militante pour le site jurassien de la bataille. Elle présentera son livre qui va paraître prochainement : « Vercingétorix, celui qui fit trembler César ». Ce sera encore l’occasion de reparler d’Alésia !