lundi 20 novembre 2017

Incroyable épopée de la peau de lapin

Samedi dernier, devant une quarantaine de personnes, Christian Thomas nous a fait revivre l’incroyable épopée de la peau de lapin, du « pelharot » (marchand de peau de lapin) auvergnat, jusqu’au classeur de peaux, puis en direction d’une « couperie de poils » avec d’autres peaux provenant de pays d’Europe et même d’Asie ! Comme l’a précisé notre conférencier « les anciens se souviennent de ce marchand ambulant qui à pied, ou à vélo (notre photo) ou à cheval puis en camionnette » courait la campagne à la recherche des précieuses peaux, moyennant quelques pièces de monnaie. Ce personnage faisait un métier insolite et était en amont d’une filière, qui jusqu’en 1960, avait générée plus de 7000 emplois (chineurs, récupérateurs, négociants classeurs, coupeurs de poils, gantiers, fourreurs) et bien d’autres ! C’était un personnage énigmatique et un peu marginal…

Que faisait-on de toutes ces peaux de lapin de garenne, domestique ou de clapier et de lièvre? Des manteaux, bien sûr, mais aussi des chapeaux ! Et c’est à partie du XIXe siècle que la révolution industrielle gagna la chapellerie jusque-là restée artisanale… On commença à fabriquer le feutre à partir du poil de lapin. Après avoir subi de nombreux traitements (bains tannants, épilage, éjarrage et teinture), le produit fini était acheté par de nombreux clients, quelquefois célèbres comme Winston Churchill ou Antoine Pinay

Christian Thomas, descendant d’une famille exploitant la peau de lapin, un métier méconnu, aujourd’hui disparu, mais combien lucratif en son temps, nous présenta le film de Marc Charley d’une heure, « Lapin tu as eu ma peau » dans lequel il est interviewé, plus de 20 ans après la fermeture de son usine familiale. Ce film documentaire retrace les péripéties ou le cheminement de la peau de lapin. Des interviews d’anciens patrons et ouvrières le rendent très vivant… Ainsi se développèrent les centres chapeliers de Chazelles sur Lyon ( Fléchet), Bourg-de-Péage ( Mossant), de la vallée de l’Aude et même d’Anduze !

La dernière conférence de l’année 2017 aura lieu le samedi 2 décembre à 17h00 au Bourilhou. Le randonneur haut-savoyard Gilbert Vieillerobe nous entraînera le long du Danube.

Entrée gratuite. Seule une participation libre aux frais de déplacement du conférencier sera demandée. Ses ouvrages seront aussi en vente.