mercredi 28 mars 2018

29es Journées de l’Antiquité REVELATION D’UN PETIT MOBILER FUNERAIRE


     
En présentant sa conférence sur le mobilier dans les tombes  de l’Antiquité, Yves Manniez, archéologue professionnel de l’INRAP, a justifié son titre de spécialiste de l’instrumentum ou l’étude du petit mobilier dans les sépultures depuis la haute antiquité jusqu’à la période romaine du Ier au Ve siècle après J-C,  puis jusqu’au début du Moyen-Age,  au moment de  l’arrivée du christianisme. C’est un matériel mis au jour dans les fouilles qu’il fit dans différents sites de notre région.  L’homme a continué de déposer des objets dans les tombes dès le Paléolithique Supérieur (entre 17000 et 12000 avant notre ère).

Yves Manniez a notamment insisté sur le sens des sépultures, les critères de reconnaissance des tombes et la signification des objets déposés. En projetant de nombreuses photographies et croquis, le conférencier a su captiver son auditoire, au cours d’une intervention remarquée, avec un sujet spécial, fort bien étudié. Il mit l’accent sur les objets déposés au cours des différentes périodes de la préhistoire récente du Néolithique Ancien  (9000 avant J-C) à la période de l’Age du Fer (VIe et Ve siècle avant J-C), objets ayant pour noms herminettes, pointes de flèches, lames de silex, puis vers la fin de l’Age du Fer, des objets associés à de la céramique.

Dans les mobiliers déposés dans les sépultures du Haut Empire, les offrandes trouvées dans des sépultures d’enfants varient en qualité et en quantité, en fonction de l’âge du défunt. Avant 3 ans, le matériel mis au jour comprendra des monnaies, des amulettes, des perles en pâte de verre et  pour des enfants de 3 à 6 ans, des amulettes, des lampes à huile et des céramiques…

L’archéologue présenta des lampes miniatures, en terre cuite ou en bronze, mises au jour dans des sépultures de la région de Serhnac et de Nîmes, de différentes typologies ou provenant d’autres sites de notre département ou de l’Hérault.
Dans la deuxième partie de son exposé, le conférencier présenta les différents types de mobilier découverts :
  • mobilier personnel, comprenant des objets de toilettes, parures ( provenant de Lunel-Viel), fibules, bagues, perles et miroir, collier ayant appartenu à la défunte, intailles ( dont une représentant un satyre dansant),tablettes à écrire en os avec son stylet ; pièces de jeu, pions en pâte de verre et dés en os, en ivoire ou en os brûlés…
  • mobilier domestique, avec couteau en fer ou divers outils provenant d’une inhumation d’adulte  du Ier  siècle de notre ère ou des éléments de coffret en bois ou une boîte en ivoire
  • mobilier de filage et de couture (fuseaux, bobine, quenouille et aiguille en os, fusaïole en os…)
  • mobilier divers, dans une incinération en coffre de tuiles, l’archéologue mit au jour un coffret en osier, comportant plusieurs vases, un miroir, des cruches en céramique et dans des sépultures du Bas Empire, des pièces de monnaie, des lampes à huile du IIIe siècle et du IVe siècle, fabriquées en Gaule et en terre cuite, trouvées dans la région de Narbonne ou à l’ouest de cet endroit. Il présenta des lampes en fer trouvées à Combas et à Ruscino, dans les Pyrénées Orientales…
  • mobilier de l’habillement, avec boucles  ou éléments de ceinture en bronze, chaussures…
  • mobilier d’outils ou cuillère en bois de cerf…

En conclusion, Yves Manniez signala les influences italiques dans les incinérations et l’évolution dans les dépôts du IIIe siècle de notre ère, quelques particularités en fonction des sites étudiés et la disparition des offrandes au Ve siècle. Au cours des siècles suivants, le mobilier découvert dans les sépultures sera lié plutôt aux vêtements, aux parures et aux médailles.

Un débat animé termina cette conférence présentée par un professionnel languedocien de l’archéologie.

La dernière conférence des 29es Journées de L’Antiquité 2018 au Vigan,  aura lieu le samedi 7 avril. Michel Griffe, maître de conférences honoraire de latin, à l’Université Paul Valéry de Montpellier viendra nous parler des cadrans solaires des Alpes, comportant des inscriptions en latin. Un sujet original qui devrait attirer, à 17h00,  au Bourilhou, les amateurs d’histoire et d’archéologie de notre région.